Des années 1970 aux années 2020, il n’y a qu’un pas. Ouverte en 1973, l’écloserie située sur l’île du Morbihan a notamment produit du homard, des juvéniles introduits dans la nature après un an d’élevage. Si la structure a cessé de fonctionner au bout de quelques années du fait de coûts de fonctionnement trop importants, l’expérience devrait être amenée à se renouveler. « Ce projet avance et nous attendons actuellement de récupérer l’ancien bâtiment des pêcheurs ainsi que les retours du président du département, détaille Philippe Le Fur, maire de l’île d’Houat. L’objectif premier sera de compenser la diminution de population de certaines espèces marines, comme la coquille Saint-Jacques qui a quasiment disparu dans notre baie. La Bretagne nord a su gérer ses stocks, pas nous. » Du repeuplement donc, avec tout d’abord une aquaculture de macroalgues comestibles puis des coquilles Saint-Jacques, des moules et même du homard, selon l’édile. Comme en 1973, c’est le Groupement Pêcheurs Artisans Houatais qui sera aux commandes de la structure, politiquement soutenue par le député morbihannais Jimmy Pahun ou encore le maire de l’île voisine d’Hoedic. « Nous ne travaillons pas avec le comité des pêches car nous n’avons pas trouvé de terrain d’entente avec eux », tranche Philippe Le Fur, qui s’est tourné vers l’Union française des pêcheurs artisans du Lorientais David Le Quintrec. Toutefois, c’est à l’échelle européenne que la communauté de l’île est allée plaider les raisons de son projet, comme lors des European Ocean Days organisés à Bruxelles en février 2025. La Commission européenne a alors opté pour l’accompagnement par un bureau d’études afin de préciser le projet sur les aspects réglementaires (notamment en termes de compatibilité sur les aspects environnementaux) et socioéconomiques. Affaire à suivre !
Guy PICHARD