Les entreprises boulonnaises se sont rassemblées début octobre à l’appel du Pôle Aquimer pour un bilan de l’arrêté sécheresse renforcée qui a frappé le bassin du 22 août au 6 octobre. Cette situation de rationnement (des particuliers et des professionnels) n’a pas été sans conséquences.
Être en alerte sécheresse renforcée décrétée par arrêté préfectoral, cela signifie devoir réduire de 20 % sa consommation d’eau pour un industriel, un casse-tête pour l’agroalimentaire. Pour Frais Embal, qui transforme 48 000 tonnes de produits aquatiques par an, cela a signifié l’arrêt d’une ligne automatique sardines, le rationnement de l’eau de nettoyage distribuée par les enrouleurs dans les ateliers, la suppression des étapes de nettoyage intermédiaires (avec campagne de sensibilisation des opérateurs) et donc un renforcement des contrôles sanitaires pour s’assurer que les restrictions ne génèrent aucun risque pour le consommateur. L’impact économique est loin d’être neutre : une baisse d’achat de 40 tonnes de sardines à la criée, l’arrêt de 12 postes de travail temporaires et 90 000 euros de perte de CA pour le mois d’août.
Chez Copalis, qui transforme les coproduits de Capécure, on a travaillé finement sur toutes les sources alternatives d’eau depuis des années : celle issue de la glace collectée chez les coopérateurs est utilisée pour refroidir le bassin biologique de la station d’épuration, l’eau de process récupérée pour un prénettoyage et l’eau d’égouttage de la matière première s’inscrit dans le process (sans contact avec les produits). Si la démarche est vertueuse, elle ne permet pas de faire des économies, même avec des subventions, en raison de la lourdeur des investissements. Les opérateurs se sont accordés sur la nécessité de mettre en place des démarches collectives. Les représentants de l’État, constatant la vulnérabilité locale et la concentration des entreprises sur Capécure, font de la zone un terrain d’expérimentation. Les professionnels, eux, aspirent à un partage des bonnes pratiques. De quoi espérer une suite nationale, dans un contexte où les épisodes de sécheresse se multiplient.
Marielle MARIE