Malgré un contexte économique et politique incertain, les Français tiennent au plaisir et à la période festive. PDM fait le point sur la période de Noël et du Nouvel An pour le saumon et la truite fumés, les huîtres et le marché de Rungis.
Belles performances pour le saumon et la truite fumés
Stanislas Giraud, président du groupe saumon et truite fumés du syndicat des entreprises du traiteur frais, indique que sur la période du 22 décembre au 4 janvier, les salmonidés fumés ont crû de 6,6 % en volume par rapport à la même période l’an passé. « C’est une très bonne performance alors que les résultats des produits festifs sont hétérogènes, commente-t-il. Sur tout le segment PGCFLS, les volumes ont baissé de 1,1 % en décembre 2025. » En volume, le marché se chiffre à 2 000 tonnes de saumon (stable) et 600 tonnes de truite (+ 35 %). « Les marques ont conservé la dynamique sur la truite et continuent de miser sur le saumon, qui reste attendu par le consommateur. Ce sont des produits complémentaires. Quand l’offre est disponible, visible et bien animée, le consommateur est au rendez-vous. » Cependant, il note que les animations et implantations de Noël en magasin ont commencé une semaine plus tard que d’habitude, signe de la frilosité des distributeurs. « La magie de Noël doit commencer dès novembre et se terminer début janvier. Le consommateur a besoin de ce moment d’émotion pour se projeter dans les fêtes et il y a beaucoup de repas festifs entre le 24 décembre et début janvier. Nous devons convaincre les distributeurs. Aussi, nos marques ont une offre large et profonde qui répond à toutes les typologies de clients et de repas. » Il note que cette année n’a pas marqué un ralentissement des innovations et qu’il n’y a pas de transfert de consommation des grands formats (plus de 8 tranches) vers les petits. « Ce n’est pas un Noël au rabais ! », clame Stanislas Giraud.
Huîtres : le retour des consommateurs et le choc du norovirus
« On a repris 10 points sur l’année 2025. Cela n’annule pas la baisse vécue mais c’est un signe positif dont on peut se réjouir », souligne Philippe Le Gal, président du CNC (Comité national de la conchyliculture). Pour les fêtes, le Groupement Qualité Huîtres Marennes Oléron annonce des volumes en légère hausse, autour de 13 000 tonnes contre 12 500 l’année précédente. « Cette progression s’explique par des commandes de la GMS qui a fidèlement respecté les précommandes établies à l’automne », souligne le groupement, en signe d’apaisement après des échanges commerciaux tendus pendant l’été.
Mais la saison a une nouvelle fois été freinée par le norovirus, avec une suspension des ventes de l’étang de Thau à partir du 30 décembre. La filière a pointé du doigt les délestages des réseaux d’assainissement après de fortes pluies et, d’après le président du CRC de Méditerranée, Patrice Lafont, deux facteurs aggravants : une très forte surcote marine et un courant rentrant. Plusieurs ostréiculteurs ont manifesté leur colère en allumant des feux devant le siège du quotidien régional Midi Libre. Le président du CRC a condamné la violence de l’action mais a fait front commun avec les professionnels sur le fond, évoquant un « mal-être collectif ».
Entre stabilité et changement de gamme à Rungis
Représentant d’Agromer, syndicat des grossistes du A4, Bruno Gauvin dresse le bilan de la période festive. « Noël et la Saint-Sylvestre sont tombés un mercredi, ce qui crée une longue période festive. Mais Noël représente tout de même deux tiers de l’activité sur la période. Globalement, le CA du A4 est resté stable. Le premier enseignement, c’est davantage de difficultés sur les produits haut de gamme comme le homard ou la langouste, tout comme sur les coquillages type praires ou coques. L’année a été bonne pour les huîtres sans être exceptionnelle. En revanche, le saumon fumé, les saint-jacques et les crevettes ont fait de bonnes performances cette année. »
Labeyrie assoit sa position de leader
À travers ses marques Labeyrie et Delpierre, le groupe affiche sa position de leader pendant les fêtes avec 38,3 % de part de marché valeur, en hausse de 2,8 points. Toutes catégories confondues, il devient même le premier fabricant le 24 et le 31 décembre (respectivement 11,6 millions et 11,1 millions d’euros de CA), devant le mastodonte Ferrero la veille de Noël. Jacques Trottier, P-DG du groupe, se réjouit sur LinkedIn du succès de la marque face aux géants internationaux et aux MDD. « Quand je vois la liste des neuf entreprises qui nous suivent, je me pince ! »
Vincent SCHUMENG et Haude-Marie THOMAS