Où en est la valorisation des moules sous-taille ?

Le 27/01/2026 à 10:36 par Rédaction

Des trois initiatives actuellement en cours visant à valoriser les moules sous-taille, Mussella est la plus avancée, avec des résultats de la campagne 2025 très encourageants.

L ’usine de la SAS Mussella Bretagne sud a été mise en service à Pénestin, dans le Morbihan, en 2021, après une levée de fond d’environ 2 millions d’euros. Le site M1 lave et calibre les moules brutes et le site principal M2 les décortique et les valorise. Depuis, son process de décorticage des moules sous-taille, par étuvage, a été largement optimisé, ainsi que la récupération des jus de moule pour obtenir des produits tracés, bien identifiés et économiquement attractifs sur les différents marchés. 500 000 euros supplémentaires ont ainsi été investis les années passées.

La campagne 2025, du 9 juillet au 4 octobre, sur une base de quatre jours par semaine (avec quatre salariés, en plus d’Axel Brière, président de la SAS), a permis de traiter 547 tonnes de moules brutes, provenant des quatre bassins de production des 35 mytiliculteurs associés, bretons et ligériens. Environ 120 tonnes de chair de moules, surgelées IQF (Individually Quick Frozen) à l’azote, ont été obtenues, soit une progression industrielle indéniable depuis les 17,5 tonnes de 2023 et les 79,2 tonnes de 2024.

En parallèle, 18 tonnes de jus concentré ont pu être produites, soit trois fois plus qu’en 2023. Le modèle Mussella repose en effet sur une double valorisation, chair (environ 80 % du CA) et jus (20 %), avec aucune perte matière. L’acquisition récente en Chine d’une trieuse optique (avec IA) et surtout d’une ensacheuse-étiqueteuse dernier cri va permettre de développer les marchés de détail, les plus rémunérateurs, et de développer les prestations de service, comme cette année avec des mytiliculteurs néerlandais et irlandais.

Fort de ces résultats industriels probants, Axel Brière vise maintenant à réussir sa saison commerciale, répartie sur 2025 et 2026. Il annonce un objectif de traitement de 1 500 tonnes de moules sous-taille d’ici 2027 et souhaite conserver le leadership national dans ce secteur. Sur un total français annuel évalué à 20 000 tonnes de sous-taille, il y a largement de la place pour d’autres ambitions et… d’autres procédés. L’épée de Damoclès judiciaire plane toujours au-dessus de la baie du Mont-Saint-Michel, avec l’arrêté préfectoral accordé (ou suspendu, comme en septembre 2022) pour une seule année, permettant la dérogation pour continuer d’épandre, sous conditions, les moules sous-taille sur l’estran de Cherrueix.

Du côté de Kerbone et Mytilimer, à Cancale, l’unité d’hydrolyse enzymatique, qui a coûté 2,5 millions d’euros, est « encore en phase de test, mais pourra progressivement traiter plusieurs tonnes de moules sous-taille par semaine », selon Marie Paillardon. Quant à Cultimer, son prototype d’autofermentation en bioréacteurs est encore en phase de test, dans sa version finale (programme Méthacoque). À partir d’1,5 tonne de moules sous-taille, le module de traitement en conteneur permet de récupérer environ 900 kilogrammes de coquilles et 1 600 litres d’hydrolysat, pouvant générer 17 mètres cubes de méthane, soit la consommation d’un appartement de 60 mètres carrés pendant 12 jours. Le but est d’installer, dans les années à venir, plusieurs modules dans les différents bassins de production des partenaires associés de Cultimer.

 

Lionel FLAGEUL

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