Algaedonia mise sur les algues pour nourrir les poissons calédoniens

Le 30/01/2026 à 14:49 par Rédaction

En Nouvelle-Calédonie, la start-up Algaedonia explore une alternative locale et durable aux farines de poisson et de soja importées : les algues. Une innovation prometteuse pour l’aquaculture du territoire, portée par des essais concluants sur le picot rayé, poisson emblématique du lagon.
Et si les algues devenaient la clé d’une aquaculture plus durable en Nouvelle-Calédonie ? C’est le pari d’Algaedonia, jeune société spécialisée dans la culture et la valorisation des macroalgues locales. En collaboration avec la Technopole de Nouvelle-Calédonie (CCDTAM), elle teste leur utilisation dans l’alimentation du picot rayé (Siganus lineatus), un poisson herbivore très apprécié des Calédoniens. « En milieu naturel, le picot se nourrit principalement d’algues et de phanérogames marines », rappelle Algaedonia. Pourtant, en élevage, ces poissons sont aujourd’hui nourris avec des granulés à base de produits importés, sans aucune algue. L’entreprise a donc élaboré une farine issue d’ulves, des algues vertes locales, incorporée dans des granulés expérimentaux.

Les premiers résultats, obtenus après quatre semaines d’essais, sont encourageants : les picots nourris avec un aliment contenant de la farine d’ulves présentent une croissance équivalente à ceux nourris avec l’aliment témoin, malgré une teneur en protéines légèrement inférieure. Une première preuve qu’il est possible de substituer une partie des protéines importées par des protéines végétales marines locales.

Les ulves offrent de multiples atouts : riches en fibres, minéraux et protéines, elles poussent rapidement dans des milieux riches en nutriments et peuvent même être cocultivées avec des crevettes ou autres organismes marins dans un système d’aquaculture multitrophique intégrée, améliorant la qualité de l’eau tout en valorisant les effluents.

Algaedonia prépare déjà la suite : de nouveaux essais sur le picot mais aussi sur la crevette bleue calédonienne dès 2026. L’ambition à moyen terme est claire : structurer une filière locale d’algoculture capable d’approvisionner durablement les élevages et de réduire la dépendance aux matières premières importées.

À terme, la société estime qu’il faudrait 15 tonnes de farine d’algues par an pour soutenir la filière picot et près de 80 tonnes pour celle des crevettes. « L’algue est l’une des rares productions aquacoles à impact environnemental positif », souligne Algaedonia, qui voit dans ce projet un levier concret pour faire de la Nouvelle-Calédonie un acteur de l’économie bleue et de la transition écologique.

 

Darianna MYSZKA

 

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