Polynésie – Aquaculture : une filière sous tension mais en quête de nouvelles pistes

Le 04/03/2026 à 9:35 par hmarquier

En Polynésie française, la filière aquacole traverse une période délicate, tout en testant de nouvelles voies pour gagner en valeur ajoutée. Porté par la Coopérative des aquaculteurs de Polynésie française (CAPF), le projet Formaqua – en partenariat avec le lycée agricole de Taravao, la direction des ressources marines et les producteurs – vise à former, transformer et valoriser des produits issus des élevages locaux.

Parmi les premières réalisations, une production test de paraha pēue et de crevettes fumées à froid a été lancée pour les fêtes. Une centaine de paquets de 100 grammes ont été mis sur le marché en tant qu’alternative locale au saumon importé. « En termes de valeur ajoutée, ce n’est pas extraordinaire car on doit rester compétitifs face aux produits importés », reconnaît Benoît Le Maréchal, directeur de la CAPF. Le kilogramme est vendu autour de 15 000 francs pacifiques (125 euros), pour une transformation « très exigeante en savoir-faire ».

Le projet nourrit aussi des pistes pour élargir la gamme, notamment en travaillant le Chanos chanos, espèce plus robuste et disponible en milieu naturel dans les Tuamotu, aussi connue sous le nom de poisson-lait. « Cela pourrait être plus rentable que le paraha pēue, dont la production annuelle tourne autour de 10 ou 15 tonnes. L’idée serait de transformer et de fournir ensuite des filets aux cantines scolaires. » Une orientation qui pourrait constituer une nouvelle phase du programme. Au-delà de ces essais prometteurs, la filière reste fragilisée. La production de crevettes Litopenaeus stylirostris a chuté à environ 70 tonnes, contre 150 tonnes quelques années plus tôt, en raison de la mortalité massive des post-larves, liée à une dégradation de la qualité de l’eau et des aliments destinés aux géniteurs.

La question du foncier reste également un frein majeur. Depuis 35 ans, seules quelques parcelles ont été dédiées à l’aquaculture. La future zone biomarine de Faratea (35 hectares) doit enfin offrir un espace structuré pour accueillir des projets aquacoles et des activités associées. Le territoire ambitionne même de doubler – voire tripler – la production locale.

 

Darianna MYSZKA

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