Pêcheurs et scientifiques à l’assaut de la pêche illégale en Guyane

Le 13/06/2023 à 9:00 par La rédaction

En décembre dernier, la DG AMPA, en lien avec le comité des pêches de Guyane, l’Ifremer et le WWF, a signé le lancement d’une étude visant à estimer l’impact de la pêche INN (illégale, non déclarée, non réglementée) dans les eaux guyanaises. Une étude qui s’inscrit dans une vision plus large, comme l’explique Fabian Blanchard, responsable de l’unité de biodiversité halieutique à l’Ifremer en Guyane : « Dans le cadre du renouvellement de la flotte de pêche, la DG AMPA nous demande de faire une analyse sur les stocks côtiers, afin d’être éligible aux subventions européennes. On doit mener ces analyses notamment sur l’acoupa rouge, qui subit la pression de la pêche INN, qu’il faut donc évaluer. »

La précédente étude de 2012 montrait que les captures par pêche INN représentaient le double des captures légales, notamment sur l’acoupa rouge. Sa vessie natatoire (l’organe qui permet au poisson de gérer sa flottaison) fait l’objet de trafics en Chine, du fait de ses supposées vertus aphrodisiaques. « La vessie se vend 5 000 euros/kg en Chine, alors que l’acoupa se vend 2 euros en criée ! », indique Fabian Blanchard. Cette pêche INN a donc un impact majeur en aval de la filière, avec une absence de compétitivité à l’export sur ce produit. Un recrutement au sein du comité des pêches permettra de mener une étude de marché sur cette vessie natatoire. « Il serait intéressant de capitaliser sur une filière durable sur ce produit, avance Fabian Blanchard. L’idée est de tirer la filière vers le haut. »

L’État finance l’étude à hauteur de 186 000 euros, dédiés notamment à des survols d’hélicoptères menés par le WWF, surtout dans l’est et l’ouest du territoire maritime où se concentrent les pêcheurs illégaux du Brésil, du Suriname et du Guyana.

 

Vincent SCHUMENG

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