Quelles perspectives pour les huîtres à Noël ?

Le 20/12/2023 à 9:00 par La rédaction

Les concessions ostréicoles ont souffert de la tempête Ciaran qui a frappé la façade atlantique et la Manche entre octobre et novembre. Quelles perspectives pour soutenir la profession sur le long terme ?

 

Soyons rassurés, nous aurons bien des huîtres à Noël malgré la tempête ! « Les producteurs ont remonté les huîtres des parcs avant la tempête en vue de les commercialiser en décembre », explique Thierry Hélie, président du CRC de Normandie. Pour Adrien Geay, une des difficultés sera sur le calibre : « Il y a eu moins de ventes cet été et les huîtres ont eu le temps de grossir. Habituellement, le gros de la consommation se tourne vers des no 3, mais il va falloir accompagner le
consommateur vers de la no 2 ou la no 1. »

Mais la question du prix est sur toutes les lèvres après négociations avec les GMS, qui représentent environ deux tiers des ventes d’huîtres en décembre. Du côté du CRC de Normandie, Thierry Hélie indique une baisse de 6 à 15 % du prix à l’expédition, de 10 à 15 % pour Laurent Chiron, président du Groupement Qualité Huîtres Marennes Oléron, ou environ 30 % à la production pour le CRC de Bretagne nord. « Les enseignes de distribution se sont appuyées sur des chiffres de consommation très mauvais cet automne, déplore Sylvain Cornée, président du CRC. Elles ont négocié les prix à la baisse, en justifiant d’accompagner le consommateur et les producteurs dans cette crise. Mais cela ne correspond pas à la dynamique du marché festif. » Laurent Chiron rappelle que « en période de fêtes, ce n’est pas le prix qui fait la consommation. Les producteurs n’avaient déjà pas répercuté toutes leurs hausses l’année dernière, ce cycle n’est pas vertueux et menace la rentabilité des entreprises. Entre déconsommation et baisse des prix, la profession va vers une grave crise, alerte-t-il. Nous avons besoin que le consommateur mange nos huîtres toute l’année, et pas seulement à Noël. » De nombreuses démarches de valorisation et de communication sont mises en place sur l’ensemble des façades, accompagnées de signes de qualité : la nouvelle IGP Huîtres de Normandie, le label Breizhmer à venir, les Labels Rouges, l’IGP Marennes Oléron… « L’enjeu de l’IGP, c’est de vendre la marque Normandie, raconte Thierry Hélie. Commercialement, cela devrait aussi permettre a minima de ne pas faire reculer les prix, et nous offrir un avantage concurrentiel sur des consommateurs occasionnels, notamment dans des régions moins consommatrices. »

La voie de l’export est aussi explorée pour sortir de la dépendance aux fêtes de fin d’année. « À Marennes Oléron, l’export représente 8 % du marché aujourd’hui, contre 4 % il y a cinq ans », détaille Laurent Chiron. Pour Thierry Hélie, « l’export peut être une solution, mais il faut déjà être fort en France, là où le marché vacille ».

 

Vincent SCHUMENG et Fanny ROUSSELIN-ROUSVOAL

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